L’UNION EUROPÉENNE RESTE PRÉOCCUPÉE PAR LA VIOLATION MASSIVE DES DROITS HUMAINS AU BURUNDI

Communiqué de presse 57/16 affaires étrangères et des relations internationales | 15/2/2016. Malgré tous les efforts de la communauté internationale, la situation au Burundi demeure dans l’impasse. Le pays est le théâtre de violences et de violations et atteintes aux droits humains récurrentes. L’Union européenne (UE) condamne fermement tout recours à la force pour résoudre la crise au Burundi. L’absence de la perspective d’une solution politique augmente le risque de positions de durcissement et une confrontation violente. La situation est susceptible d’être aggravée par la fragilité économique du pays. Dans ce contexte, l’UE rappelle la priorité qu’il accorde à la protection et le soutien de la population.

Seul un dialogue politique inclusif, sous médiation internationale et en conformité avec l’Accord d’Arusha et de la Constitution du Burundi, peut apporter une solution à la crise. L’UE salue les efforts de médiation de la Communauté est-africaine (EAC), qui a aidé à organiser la première réunion du dialogue inter-burundais le 28 Décembre à Entebbe. Le dialogue inter-burundais doit reprendre de toute urgence dans un cadre véritablement inclusif et sans conditions préalables. L’UE appelle toutes les parties, et en particulier les autorités burundaises, de souscrire à cette approche.

L’UE prend note des décisions adoptées par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), lors de sa 571e réunion, tenue le 29 Janvier 2016, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement. L’UE se félicite de la décision de l’UA de dépêcher une délégation de l’UA de très haut niveau au Burundi pour rencontrer les plus hautes autorités de la République du Burundi, ainsi qu’avec d’autres parties prenantes burundaises. Il devrait se rendre au Burundi le plus rapidement possible afin de lancer des consultations sur le dialogue inter-burundais inclusive. L’UE se félicite de la sollicitation de tous les acteurs burundais à répondre, sans condition et sans délai, à l’appel du médiateur pour la poursuite d’un dialogue authentique et inclusif. L’UE est également encouragé par la ferme condamnation par l’UA de tous les actes de violence, quels qu’en soient les auteurs, et sa condamnation de la persistance de l’impunité.

L’UE se félicite de la visite du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) au Burundi les 21 et 22 Janvier 2016, et souligne l’importance accordée par les membres du Conseil de sécurité sur la nécessité d’une solution politique pour le Burundi, soutenue par une présence internationale dans le pays. Dans ce contexte, il se félicite du travail de la Conseillère spéciale du Secrétaire général. L’UE soutient la participation accrue de l’ONU, l’UA et la CAE dans les efforts de médiation, et réitère son engagement à soutenir la médiation.

Rappelant la nécessité pour la communauté internationale d’être en mesure de faire face à une aggravation de la situation, l’UE souligne l’importance de poursuivre les travaux à cet égard et réitère son engagement à soutenir les mesures prises par l’ONU et l’UA de préparer des plans d’urgence coordonnés .

L’UE adoptera les mesures appropriées nécessaires compte tenu de l’absence de signaux positifs. Le fait est que les consultations au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, tenue à Bruxelles le 8 Décembre, ne sont pas en mesure de remédier à l’échec du Burundi de respecter les éléments essentiels du partenariat. La pleine participation du gouvernement du Burundi dans le dialogue inter-burundais, comme demandé par le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil Paix et Sécurité de l’UA, est indispensable. Toute autre pas vers la désescalade et ouverture politique sera également un signal positif très significatif. L’UE, qui est l’un des principaux partenaires au développement du Burundi, confirme sa volonté de poursuivre son soutien à la population burundaise à travers ses activités de développement.

L’UE reste prête à financer des actions humanitaires pour aider la population burundaise et appelle les autorités à veiller à un accès immédiat, sûr et sans entrave des travailleurs humanitaires au Burundi.

Les récentes attaques par des groupes rebelles armés contre les responsables de l’application des lois et les institutions du pays sont inacceptables, tout comme l’utilisation disproportionnée de la force en représailles par les forces de sécurité intérieure. L’UE exprime sa solidarité avec toutes les victimes de la violence.

L’UE rappelle que toute personne impliquée dans des actes de violence et des violations ou des atteintes graves aux droits de l’homme, y compris les incitations à la haine, doit être tenu pour responsable et amené à rendre compte devant un tribunal de droit. L’UE attire l’attention sur les mesures restrictives qu’elle a adoptées le 1er Octobre 2015 et se tient prêt à imposer des mesures restrictives à l’encontre de ceux dont les actions auraient conduit ou pourrait conduire à des actes de violence et de répression, les violations graves des droits de l’homme, et / ou risque d’entraver la recherche d’une solution politique dans le cadre proposé par l’UA et l’EAC.

L’UE demeure extrêmement préoccupé par le nombre croissant de cas de violations et atteintes aux droits humains, dont certains impliquent les forces de sécurité. Les rapports de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur l’existence présumée de fosses communes, les cas de violence sexuelle, les détentions arbitraires, les disparitions et les exécutions sommaires sont alarmants et exigent toute la lumière à travers la mise en place d’une enquête approfondie, impartiale et crédible.

En outre, l’Union européenne exprime sa profonde préoccupation à propos de l’intimidation et le harcèlement continu des représentants de l’opposition et la société civile. Elle rappelle au gouvernement burundais de ses obligations internationales en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en particulier en ce qui concerne le respect des libertés fondamentales et la primauté du droit et le traitement des affaires judiciaires, en particulier le droit à un procès équitable et impartial. Il encourage le Gouvernement burundais à garantir la liberté d’expression ainsi que la liberté de la presse, permettant aux journalistes burundais et étrangers pour enquêter et faire rapport, sans entrave ni intimidation. L’opposition doit éviter de recourir à la violence.

À cet égard, l’UE soutient pleinement le déploiement d’experts de l’UA et de l’envoi d’une mission d’experts par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, conformément à la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme lors de sa réunion extraordinaire le 17 Décembre 2015. Prenant également en compte récente élection du Burundi au Conseil des droits de l’homme, l’UE appelle les autorités burundaises pour faciliter le déploiement immédiat de ces experts et la mission d’experts; elle estime que leur présence contribuera à désamorcer la situation et protéger la population.

Des progrès significatifs ont été réalisés dans la coopération et le développement dans la région des Grands Lacs au cours des dernières années. La crise au Burundi remet en question les progrès récents. L’UE appelle les pays de la région à faire preuve de responsabilité et de contribuer à une solution à la crise, et de ne pas soutenir les activités des mouvements armés en aucune façon.