Editorial: Rencontres du CNARED à Bruxelles, ou l’art de faire taire les apprentis prophètes

Par Sébastien Ntahongendera, 7 Juin 2016 | En fin de la semaine dernière, la principale plate-forme de l’opposition Burundaise  CNARED-Giritega a tenu des séances de réunions marathons. Entre autres questions à l’ordre du jour, le CNARED avait à peaufiner le dossier relatif aux négociations.

Des rencontres tant attendues, vraiment ! Tant attendues, y compris, et pour paradoxal que cela puisse paraître, par les ennemis, les rivaux et les adversaires du CNARED.

Surtout ceux-là ! En effet, à l’annonce de ces rencontres qui, mine de rien se voulaient aussi évaluatives par rapport à dernière « conférence de presse » d’Arusha, on avait entendu tout ! Tout sauf ce qui augurait du bien. Notamment, on a entendu toutes les sirènes rapporter l’oracle du grand génie de Bujumbura, le docteur en zizanie, comme quoi le CNARED n’allait pas survivre à la rencontre extraordinaire de Bruxelles !

C’est comme ça, hélas, la politique au pays où tout le monde s’estime être présidentiable   ; au pays où la politique a, pour certains, cessé d’être un corps de métier, donc quelque chose exigeant un profil,  pour devenir un businesses du premier fanfaron ! C’est ainsi que quand certains de nos politiciens ne se voient pas à la tête du front,  la première réaction est de sauter sur la première occasion pour préconiser la cassure de tout, ce que le jargon des confréries du mal au Burundi appelle « homba homboka » !

Sébastien Ntahongendera, écrivain, poète et homme politique

C’est ainsi que dans la foulée  de la préparation des assises de Bruxelles, des politiciens à court d’inspiration ont, certainement pour briser l’ennui dû au désœuvrement, trouvé mieux de prophétiser l’implosion du CNARED-Giriteka, d’en aiguillonner l’amorce et d’en accélérer la concrétisation.

Ainsi, pour ceux-ci, parce que des membres du CNARED avaient, à titre personnel, participé aux dernières assises d’Arusha, il allait s’en suivre que le SCARED fasse le ménage. Avez-vous compris quelque chose ici ? « Le corbeau et le renard » !

Pour ceux-là, certains hommes, que je ne nomme pas ici pour ne pas que leurs cœurs battent pour rien, n’avaient plus rien à cirer dans ce CNARED ; leurs places se trouvaient dans d’autres coalitions, notamment l’ADC-Ikibiri ! Ah oui ! Donc ce qu’il ne serait pas inadéquat d’appeler une rétro-transhumance, la case départ pour faire simple, « gusubira inyuma nk’ibirenge » pour me faire bien comprendre par tous les Burundais !

Des rêveurs vraiment ! J’ai beaucoup d’estime pour ce que fut l’ADC-Ikibiri et même ce qui en reste, mais il reste que je comprends  mal, très mal, vraiment, quelque chose : je comprends très mal comment un homme libre de ses mouvements et nanti d’une de toutes ses facultés intellectuelles et intelligentielles échangerait un pantalon neuf contre une culottée mille et une fois rapiécée ! La raison d’être d’un homme et d’avancer, d’évoluer dans le sens de la perfection et non de faire marche arrière.

Le CNARED jouit, actuellement, d’une telle aura auprès de l’opinion aussi bien nationale qu’internationale que ceux qui lui tourneraient le dos finiraient certainement  par le regretter, alors que tenter de le disloquer serait une perte de temps, de moyens, de popularité et d’honorabilité !

Que les ennemis du CNARED chaussent, donc,  leur pointure ; le CNARED est trop mature pour se laisser distraire par les apprentis marabouts  à la solde de Nkurunziza. Il vient de démontrer que les préparateurs des traquenards devraient retourner à l’école du mal s’ils veulent vraiment se mesurer à lui. En tout cas, il est trop fort pour se laisser distraire par, notamment, les nostalgiques de la très éphémère apogée du très tristement célèbre CNDD-FDD !

Va de l’avant, CNARED ; demain est sûr ! En tout cas, quand vos compétiteurs politiques passent le plus beau de leur temps à vous diaboliser au lieu de faire la promotion de leurs programmes politiques, ne vous en alarmez point ; c’est que vous êtes le grand challenger, c’est aussi simple que ça !

C’est tout ce qu’il y a à retenir de la salsa anti-CNARED : l’effort fait les forts ; les forts font le jaloux ! Les naufragés de politiciens définitivement engloutis dans les flots de la très exigeante politique burundaise avaient dansé avant la musique ! Ajoutée aux différents succès diplomatiques et politiques qu’il a engrangés dans ses derniers temps (songez, par exemple, au non-renouvèlement des policiers de la MINUSCA !), la rencontre de Bruxelles a démoralisé les jaloux, les adversaires et les ennemis.  Le CNARED en est sorti plus ragaillardi que jamais ! En communication d’« abahizi » les releveurs des défis, ça s’appelle « pfunga kinywa ! » ; la ferme, ou l’art de faire taire les apprentis prophètes !