Déclaration sur l’escalade de la violence au Burundi

Depuis que le Président Pierre Nkurunziza a officialisé sa candidature de 3ème mandat à la magistrature suprême, cela fait déjà 4 mois ; le Burundi vit au rythme des assassinats réguliers et ciblés!

Les manifestations pacifiques contre ce mandat illégal et illégitime ont coûté la vie à une centaine de nos citoyens et plus de 200.000 Burundais se retrouvent réfugiés dans les pays voisins.

Malgré les contestations de tous les partis politiques burundais, de la Société civile burundaise, des pays amis, des organisations panafricaines et internationales, Nkurunziza a piétiné la loi fondamentale et les Accords d’Arusha et a brigué son 3ème mandat. Il vient de faire semblant d’organiser une tragi-comédie électorale, une auto-élection faite dans un bain de sang et qu’il avait gagnée longtemps à l’avance.

Dans cette situation de positionnement illégal de lui-même et de son parti, le Président Pierre Nkurunziza perturbe l’ordre et la sécurité publics dont il devrait être le garant. Un chaos général s’installe dans le pays et des tueries ciblées inspirées par les hautes sphères de l’Etat se font au grand jour dans la capitale burundaise.

En effet, en dehors de simples citoyens massacrés régulièrement ainsi que des arrestations arbitraires des jeunes de l’opposition burundaise, de personnalités connues ont fait, ces derniers jours, l’objet de cibles d’assassinat. Certains sont morts sur le champ, d’autres grièvement blessés. Parmi ceux-ci figurent entre autres le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana assassiné le 2 août 2015 ; Monsieur Pierre Claver Mbonimpa, une grande figure de la Société civile burundaise qui a été attaqué à l’arme à feu et grièvement blessé le 4 août 2015 ainsi que le Colonel Bikomagu assassiné le 15 du même mois !

Vu ce qui précède, le Conseil National pour le Respect des Accords d’Arusha pour la Paix de la Réconciliation au Burundi et de la Restauration de l’Etat de Droit, CNARED :

  • Condamne fermement cette escalade de la violence orchestrée par un pouvoir illégal, illégitime et irresponsable;
  • S’insurge contre la tentative d’assassinat de Monsieur Pierre Claver Mbonimpa, défenseur des droits de l’homme au Burundi;
  • Condamne les récents assassinats des personnalités politiques et militaires et notamment le Colonel Jean Bikomagu, assassinats qui semblaient avoir comme but le déclenchement des affrontements interethniques.
  • Condamne avec toute sa dernière énergie toute forme de tuerie des citoyens burundais ou des étrangers se trouvant sur le sol de notre pays;
  • Réitère sa ferme volonté de trouver une solution à la crise politique que traverse notre pays à travers un dialogue inclusif et sans faux-fuyants;
  • Demande au peuple burundais de rester serein et uni et de ne pas céder aux provocations répétitives du régime Nkurunziza qui pour couvrir ses crimes cherche à opposer vainement les composantes ethniques de notre pays ;
  • Demande à la communauté internationale d’oeuvrer urgemment à la relance de la médiation internationale aujourd’hui au point mort;
  • Confirme la volonté du CNARED d’être partie prenante à toute médiation;
  • Rappelle au Président Pierre Nkurunziza que se maintenir au pouvoir par la force ne sera bénéfique ni à lui-même, ni à son entourage, ni à son parti, ni à la Nation burundaise ou à la Sous-région;
  • Demande encore une fois au Président Pierre Nkurunziza de prendre conscience de sa responsabilité personnelle dans la précipitation de la nation burundaise vers l’hécatombe et de démissionner sans délai avant le 26 août 2015.

Fait à Bujumbura, le 18 août 2015
Pour le CNARED
Léonard Nyangoma

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