Le Néonazi Luc Michel en campagne d’endoctrinement au Burundi

Sébastien Ntahongendera, 12 Mai 2016|Depuis un certain temps, un Belge de tragique renommée est en tournées au Burundi. Et très visiblement, il est venu requinquer dans ses fonctions de défendre le diable le très sadique et cynique Willy Nyamitwe : bras dessus, bras dessus, ils sillonnent coins et recoins du pays, co-animent conférences et ateliers d’endoctrinement à l’amour de la haine, crachent le venin sur quiconque est favorable au dialogue inclusif entre Burundais…, un duo de dragon tout trouvé pour précipiter l’apocalypse quoi !

Qui est, pour commencer, Luc Michel ?

“Néonazi et criminel” comme le peint l’écrivain B. Henri Levy, celui que Maux de Bourqueney qualifie de “Belge un peu fou” est fondateur d’un minable parti néonazi, le PCN-NCP. Actuellement, il est le principal animateur d’Eurasian Observatory for Democracy and Elections, une ONG d’extrême-droite, donc néonazie. Durand de nombreuses années, il s’est illustré  comme consultant et défenseur des grands dicteurs du monde. Au fait, sa spécialité consiste à défendre le mal absolu ; là où il y a la démocratie, la paix, la liberté d’expression, la justice sociale, vous ne trouverez pas ses traces !  C’est un trader-manager en dictature, en mauvaise gouvernance, en piétinement des valeurs universelles, bref, un nazi qui défend bien ses couleurs.

Sauf qu’il n’a jamais réussi une seule mission ! Ainsi, il n’a pas pu sauver Gbagbo, Compaoré, moins encore Kadhafi (qu’il présente comme son maître d’initiation au panafricanisme) ou  Saddam, que, pourtant, il défendait comme une tigresse qui défend ses petits !

Sachez aussi, pour compléter cette carte d’identité du champion des échecs en consultance, que certains le soupçonnent de flirter avec un certain Esdras Butare, lequel serait l’actuel père nourricier des Imbonerahamwe. Sachez aussi, à toutes fins utiles, que ce dernier serait le neveu de Félicien Kabuga, lequel est présumé avoir été le plus grand argentier du génocide rwandais de 1994.

Voilà, en quelques mots, l’homme qui vient de déposer ses valises au Palais de Kiriri, engagé comme conseiller diplomatique extraordinaire et plénipotentiaire du régime agonisant de Nkurunziza ! Bonne arrivée Monsieur « Lepen de Bruxelles » !

Le pouvoir de Bujumbura nous avait habitués à être le seul à flirter avec des personnages et des régimes déjà mis au ban de la communauté internationale, mais avec ce matamore, il faut dire qu’il est allé trop loin !

Eh oui! « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ». Les quelques 1500 personnes tuées en moins d’une année toutes victimes du 3e mandat, les quelques 7000 autres  parquées dans les différentes geôles du pays, les quelques 300.000 déjà reléguées à l’exil, eh bien tout ça ne suffisait pas, il fallait que Nkurunziza s’offre les services d’un expert en dictature !

Et nanti de son expertise en amour de la haine, le néonazi n’a pas manqué d’exhorter le pouvoir de Bujumbura à s’enfoncer dans son autarcie suicidaire, dans son rejet de toute solution négociée : « Le dialogue à Arusha, c’est un piège diplomatique, un piège mené par les occidentaux », a-t-on entendu de sa bouche, lors d’une conférence de presse animée par son désormais séide  Nyamitwe.

A ces conseils, l’assistance  a marmonné, ronchonné, murmuré, rit sous cap… D’autres se sont subrepticement piétiné les uns les autres les orteils, se sont grattés, gestes discrets de désapprobation, de dérision et de dépit, du moins dans notre tradition. Il n’aurait pu en être autrement : à cause de la crise en cours, même manger une fois par jour est devenu un exploit, et le sulfureux belge rassasié, ses poches bien remplies par-ci, perdîmes et honoraires assurés par-là, nous conseille l’option de la guerre ! Eh oui ! Il aurait déjà empoché 90.000 euros comme avance pour ses services, de l’argent  pompés dans les derniers deniers publics, et il nous conseille de préférer la guerre à la paix, de bouder Arusha !

Luc Michel conseille Nkurunziza à traquer les Burundais davantage!

En tout cas, le militant le plus zélé du système DD a déjà compris que ce type est un vendeur d’illusions ; tout le monde est fatigué ! Tous, y compris les militants de carrure  incendiaire, ont soif d’un pays où manger à sa faim ne relève pas d’un miracle ! Tout le monde, y compris les fonctionnaires de l’Etat qui ferment la bouche par peur de représailles physiques et/ou professionnelles, est fatigué de vivre un pays où trouver même de quoi s’habiller reste l’apanage d’une mafia d’État ! Tout le monde, y compris les parents et les amis de Nkurunziza, a compris que ce dernier est placé devant un choix : négocier son départ ou partir comme tous les ex-clients de Luc Michel !

Et puis je me demande : pour qui se prend Luc, en insultant les partis politiques de  l’opposition ? Sur ce, je vais, dans ce qui suit, changer la fonction du langage ; je vais m’adresser directement à Luc Michel :

Monsieur le Consultant en dictature, du haut de l’autel sacrificiel d’un parti qui a fait du sang humain sa diète, vous vous  offrez le malin plaisir de labéliser les partis politiques de l’opposition burundaise. Vous en inférez, fidèle à votre pauvre logique, la liste de ceux qui méritent de s’asseoir avec le pouvoir sanguinaire de Bujumbura et celle de ceux qui ne le méritent pas : « Le dialogue doit se faire au Burundi comme ça se fait dans d’autres pays africains,  pas avec des partis fantoches », décidez-vous !

D’abord, à vous entendre, négocier avec Nkurunziza constitue pour l’opposition une faveur, un cadeau !  Monsieur, négocier avec Nkurunziza, c’est un pis-aller, un mal pour un bien, une violence que l’opposition veut se faire seulement au nom de la paix, c’est tout ! Sinon, sa chaise n’est pas autour d’une table de négociations. Elle est dans le box des accusés ; elle l’attend à La Haye !

Ensuite, on voit bien que vous parlez de ce que  vous ne vous rappelez pas bien vraiment ! Quand vous dites qu’en Afrique les négociations entre belligérants ont toujours lieux dans leur pays, on voit bien que votre mémoire vous joue des tours ; je ne sais pas de quelle Afrique vous parlez. Apparemment, vous confondez négociation et conférence nationale !

Luc Michel en conférence de presse avec Willy Nyamitwe

Enfin, vous parlez de « partis fantoches » ! Là je vous donne raison ! Au Burundi, il n’y a plus de partis opérationnels. Il y a, par contre, une organisation terroriste regroupant les miliciens imbonerakure et coiffant des partis fantoches. Ce sont ces miliciens qui, par leur violence de type nazi que vous êtes venu encore affûter, ont démoli tout le système partite au Burundi ; aujourd’hui, aucun parti politique digne de ce nom n’est autorisé à mener ses activités sur le terrain burundais.  Vous l’avez donc bien compris : en tète de file de ce que vous appelez « partis fantoches » vient, naturellement, ce qui fut le CNDD-FDD, aujourd’hui devenu un groupe terroriste regroupant les dragons qui n’ont rien à envier aux S.S, aux Khmers Rouges  et autres Tonton Macoutes ! Ce désormais mouvement terroriste a ses petites particules de sous-traitant, ses faire-valoir. Vous m’excuserez de n’en connaître ni les noms ni le nombre. Tout ce que je sais, quand vous dites que les partis fantoches n’iront pas aux négociations, vous savez de quoi vous parlez : ils seront représentés par leur père nourricier, le CNDD-FDD devenu laboratoire d’un terrorisme d’Etat ; aux négociations n’iront que le CNARED, les Forces Républicaines telles que RED-Tabara, FNL et FOREBU, ainsi que la Société Civile. Et aussi longtemps que ce terrorisme d’Etat lâchera ses sbires derrière quiconque veut s’exprimer politiquement, des négociations comme celles d’Arusha seront toujours non pas une option, mais un impératif, un passage obligé, détrompez-vous !

Monsieur, plus surprenant encore est votre argumentaire sur ce que devrait être les rapports du Burundi avec l’Occident. En effet, vous exhortez les Burundais à tourner le dos à tout ce qui vient de l’Occident, donc à devenir Bokou Haram, si du moins on s’en tient à l’étymologie de cette sanguinolente nébuleuse ! Formidable !

D’abord, là vous prêchez aux déjà convertis ; vous n’avez pas besoins de vous égosiller outre mesure ! Seulement voilà ! Vous même vous êtes quoi ? Vous ne venez pas de l’Occident ? Vous débarquez de l’Occident  et vous videz notre caisse en échange de votre expertise en mal, et c’est vous qui nous conseillez de ne pas coopérer avec les Occidentaux ! Quelle aberration ! Si, d’aventure, nous devions rompre nos contacts avec l’Occident, c’est, en tout cas, par des gens comme vous qu’il faudrait commencer !

Ah oui ! Comme joker, vous sortez une niaiserie de l’afro-narcissisme selon laquelle les ennemis de l’Afrique ce sont les Occidentaux : « Ce que vous vivez, cette déstabilisation, elle vient de Washington, de Paris et de Bruxelles », martelez-vous. Une vieillerie d’argumentaire ; une parade mal ficelée que brandissent tous les dictateurs africains pour peu qu’ils subissent les contre-cous des résistants démocrates !

« Ce que vous vivez » ! D’abord, qu’est-ce que nous vivons, au fait ? Est-ce que vous le savez vraiment, vous, ce que nous vivons ? Apparemment, non ! Car, vous sauriez ce que nous vivons que vous n’alliez pas chercher ses origines à Washington et consort ! Eh bien Monsieur, nous vivons un enfer créé et entretenu ardemment par une clique burundaise de réactionnaires déguisés en casquettes de révolutionnaires, c’est tout !

Des sommes d’argent aux chiffres qu’on ne rencontre qu’en astronomie ont été détournées, durant ces 10 ans de pouvoir, par des gens qui n’ont jamais été iniquités !  Monsieur, vous voulez nous dire que ce sont Washington et consort qui ont pillé notre argent et qui ont paupérisé nos peuples comme ce n’est pas permis ? Est-ce Washington et consorts qui ont bazardé le Falcon- 50 et placé le pognon dans les poches de Nkurunziza ? Est-ce Washington et consorts qui ont incendié le plus grand marché du pays pour bazarder la place à des sociétés chinoises ? Est-ce Washington et consorts qui ont chassé des différents marchés de la capitale tous les commerçants, si bien que certains en ont attrapé la dépression jusqu’à ce que mort s’en suive ? Est-ce Washington et consorts qui sont venus bazarder le port de Bujumbura pour le concéder, de gré à gré, au sud africain Global Port Services, avec une modique part d’action de 100.000 $ pour l’Etat burundais ?

Luc Michel et Willy Nyamitwe : le duo des crminels cynico-sadiques

Ce que nous vivons, Monsieur,  ce sont ces anciens très riches commerçants aujourd’hui réduits à la mendicité ; ce que nous vivons, ce sont ces malversations-malédictions, ce pillage systématique, cette prédation,  cette misère apocalyptique qui en a découlé. Ce que nous vivons vient de chez-nous ; je vous défie de me trouver les traces d’un seul dollar ou d’un seul Euro que Washington, Paris et Bruxelles sont venus enlever des caisses du contribuable burundais !

Ce que nous vivons, c’est aussi est surtout la disparition de nos chers, les massacres devenus loi, la torture devenue devoir d’Etat. Dès son arrivée au pouvoir, Nkurunziza a livré une guerre sans merci à tout opposant politique et assimilé. On se souviendra, entre autres, des corps sans vie et ligotés qu’on trouvait ici et là dans les fleuves et les lacs du pays, dont au moins 40 dans le Ruvubu.

Ajoutant à son bilan cadavéreux la boulimie du pouvoir, Nkurunziza a snobé tous les conseils du monde entier : il a foncé dans le 3è mandat comme dans une foire de porcelaine un éléphant, piétinant tout ce qui est loi,  cassant tout sur son passage, massacrant tout, ordonnant de tirer y compris sur des bébés aux mains levés, à l’instar de l’adolescent Komezamahoro. Depuis, le comportement de ses sbires envers les résistants ou assimilés fait frissonner ; des tigres affamés se comporteraient mieux !

Alors, vous voulez nous dire que c’est Washington et consort qui ont tué nos résistants et assimilés, violé non mamans, nos sœurs et nos femmes, extirpé des corps des victimes leurs cœurs pour je ne sais quels diaboliques rituels etc. ?

Monsieur Luc, Au fait, vous prenez la haine viscérale que vous vouez aux USA en particulier et à toute l’Europe éprise des valeurs universelles en générale comme une armée redoutable ! Sachez que la haine est tout sauf une arme ; il ne vous suffira pas de haïr les valeurs universelles pour les vaincre ; votre campagne d’endoctrinement au nazisme s’avère déjà un fiasco ! Et pour ne pas conclure, je m’adresse aux gens à qui vous dispensez une formation en amour de la haine et surtout à leur commandant suprême pour leur demander de se repentir tant qu’il est encore temps. Car la voie que vous leur tracez n’aboutira pas ! Et une fois défaits (ce qui n’est qu’une question de temps), ils risquent de subir le sort de tous les nazis et tant de dictateurs que vous avez eu à défendre, ce que je ne le leur souhaite pas !