Mot liminaire de la Conférence publique du Dr. Jean Minani, Hotel Marivaux

MOT LIMINAIRE DE LA  CONFERENCE PUBLIQUE

DU DR. JEAN MINANI, PRESIDENT DU CNARED.

            (Bruxelles, le 17 septembre 2016 à l’Hôtel Marivaux).

 

Mes chers compatriotes,

Chers amis du Burundi,

Mesdames,

Messieurs,

 

  1. Une année après la naissance de notre plate-forme politique CNARED-GIRITEKA, c’est un plaisir pour moi et pour tout le Directoire de la plate-forme de me retrouver avec vous pour analyser ensemble la situation difficile que traverse notre pays. Une analyse qui, je n’en doute pas, débouchera sur des propositions des voies de solutions. Ce n’est un secret pour personne : Depuis que Monsieur Pierre Nkurunziza a décidé de rempiler pour un troisième mandat illégal de trop, le Burundi est à feu et à sang ! La mort et la désolation sont devenus le lot quotidien de tout un peuple. L’intolérance politique, la haine ethnique, l’apologie du génocide, la négation du génocide rwandais, la destruction des corps de défense et de sécurité, tels sont les grands chantiers du pouvoir de facto de Bujumbura.

 

Mes chers compatriotes,

Chers amis du Burundi,

Mesdames,

Messieurs,

  1. Préoccupé par la crise qui mine le Burundi, le sommet des chefs d’Etat de la Communauté Est-Africaine a initié un processus de pourparlers inter-burundais depuis la fin de l’année 2015. Le Président Ugandais, Son Excellence Yoweri Kaguta Museveni, Médiateur dans ce conflit a ouvert ces pourparlers en décembre2015. Depuis lors, le Facilitateur Benjamin William Mkapa a déjà organisé deux sessions de pourparlers.
  1. Alors que le CNARED-GIRITEKA pensait qu’on cheminait vers un début proprement dit d’analyse de l’agenda proposé par le facilitateur le 12 Juillet 2016, Monsieur Pierre Nkurunziza vient d’annoncer un projet d’amender la constitution et de supprimer l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. Il a annoncé cette nouvelle terrible le 19 Août 2016. Ce projet de supprimer l’Accord d’Arusha et faire sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels signe implicitement la fin du processus de pourparlers inter-burundais conduit par le Président Benjamin William Mkapa. Pour le CNARED-GIRITEKA ce projet est une déclaration de guerre contre le peuple burundais. Et pour cause, décider de détruire définitivement le socle de la cohabitation et de la stabilité qui avait fait ses preuves pendant plus de 10 ans, est un acte de guerre ! La suppression de ce pacte de cohabitation est une menace pour toute la nation burundaise, donc inacceptable ! Ce n’est pas tout. Au moment où le troisième mandat illégal de Monsieur Pierre Nkurunziza est au cœur des pourparlers d’Arusha, Bujumbura veut mettre en place une constitution qui supprime le verrou de la limitation des mandats ; donc cette démarche sifflera la fin des pourparlers d’Arusha. Allons-nous l’accepter ? Je vous pose la question : «  Allons-nous l’accepter ? » Je ne pense pas. Ca serait un suicide. Mais alors comment allons-nous faire face à cette provocation ? Nous sommes ici pour collecter vos propositions.

 

Mes chers compatriotes,

Chers amis du Burundi,

Mesdames et Messieurs,

  1. En attendant vos propositions que nous appelons de tous nos vœux, le CNARED-GIRIETEKA a déjà fait le tour de la région des pays de l’Afrique de l’Est ; le CNARED-GIRITEKA est en train de faire aussi le tour des autres partenaires et amis du Burundi à travers le monde entier. Dans tous ces contacts nous tirons la sonnette d’alarme car il y a le feu en la demeure ! Nous demandons aux partenaires et amis du Burundi d’exercer une pression forte sur le pouvoir de facto de Bujumbura afin qu’il revienne à la table des pourparlers d’Arusha. Car au CNARED nous sommes pertinemment convaincus que le processus des  négociations conduit par Son Excellence Benjamin Mkapa est le mieux indiqué pour remettre le Burundi sur les rails de la paix, de la démocratie et de la stabilité. Et pour donner plus de chances à cette solution négociée nous demandons des sanctions économiques allant jusqu’à l’embargo économique contre le pouvoir de facto de Bujumbura. A l’Union Européenne qui va se rendre à Bujumbura pour évaluation, nous demandons également de maintenir la pression des sanctions  en cours.

 

Mes chers compatriotes,

Chers amis du Burundi,

Mesdames et Messieurs,

  1. Au-delà de cette pression des sanctions économiques, le CNARED-GIRITEKA ne le dira jamais assez, la force de la justice internationale notamment la CPI doit actionner ses leviers. En effet l’escalade des violences physiques et verbales de Bujumbura frise l’horreur. Des citoyens sont arrêtés arbitrairement puis exécutés ; d’autres sont enlevés et portés disparus, c’est le cas emblématique du journaliste d’IWACU Jean Marie Bigirimana. La situation est grave ! Très grave ! Nous appelons l’intervention de la justice internationale car le 16 Août 2016, dans un discours incendiaire, le parti de Monsieur Pierre Nkurunziza, le CNDD-FDD, a annoncé publiquement la négation du génocide rwandais de 1994. Le déni d’un mal absolu comme le génocide rwandais, la banalisation d’un drame horrible comme ce génocide, est une preuve évidente que le même pouvoir planifie une catastrophe similaire au Burundi! Il est dès lors du devoir de notre plate-forme d’appeler au secours. Ce message d’alerte est d’autant plus fondé que le même pouvoir de facto de Bujumbura vient d’intensifier une campagne d’arrestations et d’exécutions des éléments tutsi des forces de défense et de sécurité. Rien que cette semaine on recense plus de 15 cas qui rentrent dans ce registre. Cette destruction des corps de défense et de sécurité à base ethnique conjuguée avec des exécutions constituent un cocktail explosif dangereux pour notre pays. A nos compatriotes préoccupés par une participation éventuelle du CNARED-GIRITEKA à un gouvernement d’Union Nationale conduit par les mêmes hommes qui détruisent l’armée, soyez rassurer cette trahison n’a jamais traversé l’esprit des hommes et des femmes de notre plate-forme.
  2. Avec son plan macabre de détruire l’Accord d’Arusha et de verser le sang des burundais, Nkurunziza Pierre avec ce contentieux de sang, devient de plus en plus un problème qu’une solution.
  3. Le CNARED-GIRITEKA profite de cette heureuse opportunité pour annoncer à l’opinion tant nationale qu’internationale que le processus de justice transitionnelle en cours au Burundi ne reunit aucune condition pour être crédible. A ce titre il ne peut pas y avoir de vérité, encore moins de réconciliation dans une situation politico-sécuritaire que vit le Burundi en ce moment. Le pays est au bord d’une guerre civile et non en pleine réconciliation. Que cet exercice inutile de la CVR s’arrête.

 

Mes chers compatriotes,

  1. Je vous exhortent tous, chacun en ce qui le concerne, de retrousser les manches afin de barrer la route à ce pouvoir illégal de Monsieur Pierre Nkurunziza qui est en train de replonger le Burundi dans les affres d’une guerre civile qui peut être dévastatrice. Une guerre civile au Burundi coûtera cher au peuple burundais ! Une guerre civile au Burundi coûtera cher à la RDC ! Une guerre civile au Burundi coûtera cher à la Tanzanie ! Une guerre civile au Burundi coûtera cher au Rwanda ! Une guerre civile coûtera cher au monde entier ! Pour cela, arrêtons cette menace à temps et à moindre coût, en argent et en vies humaines ! Et pour réussir ce pari de la paix et la concorde nationale, faîtes-nous vos propositions !

 

JE VOUS REMERCIE !