Déclaration du CNARED sur la session d’Arusha du 27 Novembre au 8 Décembre 2017

  1. Depuis avril 2015, le Burundi vit une crise politique grave qui a fait des milliers de victimes. Les Nations Unies et la Cours Pénale Internationale se sont saisies de la question et une enquête pour de possibles crimes contre l’humanité est en cours ;
  1. La Communauté de l’Afrique de l’Est a désigné leurs Excellences Yoweri Kaguta Museveni, Président de l’Ouganda et l’ex-Président tanzanien Benjamin William Mkapa, respectivement comme Médiateur et Facilitateur pour tenter d’amener les belligérants sur une même table afin de trouver une solution négociée au conflit qui les oppose ;
  1. Du 27 Novembre au 8 Décembre 2017, une session apparemment précipitée et manipulée a été unilatéralement convoquée à Arusha. Elle vient d’accoucher d’une souris.
  1. Et pourtant, en dates du  15 et 27 Novembre 2017, à travers deux communiqués de presse différents, le CNARED-GIRITEKA   a manifesté  son inquiétude  et désappouvé  cette session de dialogue inter-burundais, à laquelle elle n’avait pas été invitée , et qui sonnait comme une volonté du pouvoir illégal  et illégitime de Bujumbura d´octroyer un caractère extra territorial aux conclusions de la Commission Nationale de Dialogue Interne (CNDI) créée et orientée dans le sens de lui trouver une justification à son plan   suicidaire d’enterrer définitivement l’Accord d’Arusha pour la  Paix et la Réconciliation au Burundi à travers la modification de la constitution ;
  1. Le 27.11.2017, dans un message adressé au Facilitateur, le CNARED-GIRITEKA a énuméré succinctement les raisons qui ont poussé le CNARED-GIRITEKA à  appeler au boycott de cette session à haut risque et exigé son report car son  échec était prévisible. Le CNARED-GIRITEKA évoquait  notamment la non inclusivité,  la dénaturation du conflit, l’absence de consultation des belligérants au conflit, l’annonce qu’il serait le tout dernier et censuré par un accord en l’absence des belligérants surtout que toutes les sessions précédentes avaient été boycottées par Bujumbura sans oublier que l’envoie d’un simple fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur et d’un simple commissaire pour représenter respectivement le gouvernement et le parti au pouvoir CNDD-FDD a confirmé ce que nous savions déjà : le mépris qu’ils affichent envers la facilitation et la Sous Région quant à leur capacité de les contraindre à rejoindre la table des négociations, mais aussi combien, pour eux, ces négociations sont sans importance;
  1. L’échec que vient de subir cette Session était donc prévisible aux yeux de tout acteur politique burundais et observateur avisé : l’absence d’un agenda clair ; l’annonce de signature d’un accord sans qu’il y ait eu de véritables négociations; la seule collaboration avec le pouvoir de Bujumbura pour désigner les participants,  l’usage du cadre juridique de ce dernier, l’absence des parties au conflit pour ne citer que ceux-là.

Par conséquent, le CNARED-GIRITEKA insiste encore une fois pour:

  1. Que les Présidents de la sous région de l’Afrique de l’Est, en particulier S.E. Yoweri Kaguta Museveni, à la fois Médiateur et Président de la Communauté Est-Africaine et S.E. John Pombe Magufuli Président de la de République Unie de Tanzanie, voisin direct du Burundi et influent sur le Dictateur Nkurunziza,  usent de toutes leurs forces de pression morale, politique et économique y compris l’instauration d’un embargo, pour contraindre le président de facto de Bujumbura  et sa clique de s’asseoir avec son opposition pour rétablir la paix au Burundi et dans la sous-région ;
  2. Que tout le peuple burundais, la Facilitation, la Médiation, la Communauté Est-Africaine, l’Union Africaine, les Nations Unies, toute la Communauté Internationale en général et les partenaires du Burundi prennent conscience que NKURUNZIZA et sa clique ne veulent pas négocier la paix et le retour à la légalité constitutionnelle. Personne  ne devrait plus cautionner leur jeu ;
  3. Que la Facilitation cesse de compatir avec un régime criminel sous prétexte de tenter de l’amener sur la table de négociations faisant fi aux principes minimum d’une médiation normale tel que l’identification des véritables belligérants et le conflit qui les oppose. Ce comportement donne le temps à NKURUNZIZA de continuer son programme de mettre un terme à l’accord de paix et de réconciliation d’Arusha, signé le 20 août 2000, qui avait pourtant fait ses preuves et dont lui et le médiateur sont garants et co-signataires ;
  4. Que la Sous Région, les Nations Unies, l’Union Africaine, mais aussi la Facilitation et la Médiation se rendent compte de la gravité de la situation ainsi que de l’ampleur de leur responsabilité dans cette descente aux enfers de tout un peuple à cause d’un homme qui sait gagner compréhension et attentisme tout en usant d’une arrogance mêlée d’actes de criminalité graves.

Pour éviter la guerre généralisée et parer au pire qui s’annonce avec l’entêtement de Monsieur NKURUNZIZA de s’imposer comme Président à Vie, assurer son impunité et continuer à mépriser la communauté nationale et internationale le CNARED-GIRITEKA demande ce qui suit :

  1. Que les Nations Unies s’impliquent davantage dans la recherche d’une solution négociée au conflit politique inter burundais en renforçant la Facilitation par une équipe d’experts en la matière à défaut de prendre définitivement cette question en mains ;
  2. Que la communauté internationale, spécialement les bailleurs de fonds maintiennent la pression sur le pouvoir de facto de M. Pierre Nkurunziza par des sanctions économiques et un embargo sur les armes. Que des sanctions ciblées et de libre circulation envers les auteurs clés de cette descente aux enfers du peuple burundais soient votées ;
  3. Que le pouvoir de Bujumbura cesse de se moquer du monde en envoyant des troupes dans des missions de paix dans d’autres pays. Les mêmes troupes sont utilisées pour mâter, violer, torturer et tuer leur propre population tandis que la manne qui provient de ces mêmes missions servent à entretenir un régime sanguinaire actuellement sous enquête pour crimes contre l’humanité ;
  4. Que tous les burundais comprennent  que le projet d’une présidence à vie de M. Pierre Nkurunziza est un danger pour la Nation.  Qu’ils prennent conscience que cet acte va plonger le pays dans une guerre civile de plus ;
  5. Que le peuple Burundais dans toute sa diversité reste uni et solidaire afin de constituer un front compact qui doit remettre à l’honneur l’esprit et la lettre de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, un pacte de cohabitation pacifique que nous ont légué les dignes fils d’Afrique Mwalimu Julius Nyerere et Nelson Mandela et qui avait déjà fait ses preuves.

Pour terminer, le CNARED-GIRITEKA condamne le mépris  des délégués du pouvoir de Bujumbura affiché ce 8 décembre 2017 envers le Facilitateur Benjamin William Mkapa et à travers lui envers toute la Sous Région et l’ensemble de la Communauté Internationale et réaffirme son engagement pour une solution négociée pouvant permettre  aux burundais de revivre en paix et de se doter de dirigeants démocratiquement élus à travers des élections libres, inclusives, équitables et transparentes et dans le strict respect de l’Accord  d’Arusha pour la  Paix et la Réconciliation au Burundi.

Le CNARED-GIRITEKA en collaboration avec les autres forces vives de la Nation va organiser, dans les jours qui viennent, un FORUM CITOYEN qui permettra à toutes les forces vives du pays désireux d’un Burundi paisible de s’asseoir  autour d’une même table afin de dégager la voie adéquate de lutte commune pour sauver le Burundi et son peuple.

Fait à Bruxelles, le 09 décembre 2017

Pour le CNARED-GIRITEKA,

Dr Jean Minani,

Président.

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